BICC Article

Quelles stratégies pour réussir l’implantation d’un BICC au sein de son organisation ?

Quelques définitions :

BICC : Business Intelligence Competency Center ou Centre des Compétences en Intelligence d’Affaires

BI : Business Intelligence

De nos jours toute organisation qui se veut sérieuse, a déjà adopté (ou compte adopter) en son sein des pratiques du business intelligence (BI). Mais la mise en place d’une telle « culture » n’est pas sans conséquences à commencer par les éternels « réticents aux changements ». Je parle de « culture » car Oui la pratique BI est bien évidemment l’adoption d’une culture dans sa globalité et ne se limite pas seulement à la production de tableaux de bords conviviaux à la suite de l’acquisition de logiciels !!!

Cette « culture » d’entreprise se définie à travers un axe principal qui est : La stratégie BI et sa feuille de route (BI Strategy and Roadmap) qui découle de l’adoption d’une stratégie d’informatique (IT Strategy) qui elle-même fixée par la stratégie d’entreprise (Business Strategy).

De ce qui découle, nous dirons qu’une implantation réussie de BICC dans une organisation dépend de la stratégie IT que les dirigeants ont défini et qui reflète les projections qu’ils en font dans le temps. Cette stratégie IT consiste à développer un programme de développement IT pour préparer l’entreprise de demain, mais aussi de transformer la donnée brute en informations qui apportera sans doute de la valeur ajoutée à l’entreprise.
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Le business intelligence (BI) par définition est un ensemble de processus permettant de produire des outils d’aide à la décision c’est-à-dire le cheminement de la donnée brut (CRM, ERP, Flat file, etc.) à l’information (collecte, consolidation, stockage) puis au savoir (structuration, analyse, Reporting, production de tableaux de bords).

Le BI permet donc d’avoir une vue d’ensemble des différentes activités de l’entreprise et de son environnement. Cette vue transversale nécessite de connaitre les différents métiers de l’entreprise et implique certaines spécificités organisationnelles et managériales.

La mise en place d’un projet BI nécessite une grande maturité dans la relation DSI-Métiers (Direction des Systèmes d’Information) et s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue. Cette démarche d’amélioration continue nous amène à parler de « culture » dans l’organisation.

 

Pour être plus pragmatique, je dirai que la gestion de la qualité des données est au cœur de la réussite d’un projet BI.

Comme indiqué dans le titre, les points suivants seront abordés et serviront de stratégies pour l’implantation d’un BICC:

– Avoir une feuille de route claire
– Impliquer tous les secteurs dans le projet dans son ensemble
– Identifier, Regrouper les expertises par domaine de compétence
– Avoir des données INTÈGRES
– Choisir les bons outils selon son modèle d’affaire
– Promouvoir la « culture » BI dans toutes ses facettes

 

« Le projet business intelligence est étroitement lié au déploiement de la stratégie. Il ne sera guère possible d’assister le processus décisionnel sans se référer aux ambitions du plan stratégique. »

1)Se doter d’une feuille de route clairement définie :

La mise en place d’un BICC est sans doute la conséquence directe de l’adoption d’un plan stratégique avec l’élaboration d’une feuille de route BI. L’adoption de telles stratégies sous-entend que les dirigeants ont une vision futuriste de l’avenir de l’entreprise.

Stratégie Business Intelligence (BI Strategy)

Qu’est ce que c’est?

Il s’agit de développer un plan pour que les dirigeants aient un accès rapide et facile aux informations pour prendre leurs décisions en toute transparence et le plus efficacement possible.

La question principale sera : Quelle est ma stratégie pour rendre ma prise de décision plus efficace?

Pour quel but?

Ce plan permet d’aligner la substance de l’information avec la stratégie de l’entreprise, transformer les données en informations vérifiées, significatives, actuelles et facilement accessibles, s’assurer de la collaboration de toutes les équipes impliquées, préparer la roadmap BI.

Feuille de route Business Intelligence (Roadmap BI)

Qu’est ce que c’est?

Cette feuille de route est une planification des projets BI, leurs apports à la stratégie et au plan tactique, ainsi que leur retour sur investissement et leurs indicateurs

La question centrale en tête sera : Quelles sont les étapes pour se rendre à destination?

Pour quel but?

Le Roadmap BI détermine les étapes à franchir pour remplir les objectifs au préalable fixés. Il permet de guider les décisions d’affaires, de déterminer la priorité et la rentabilité des projets, d’établir un agenda d’actions cohérentes avec la stratégie mais aussi d’établir des actions communes, mesurables, réalistes et fixées dans une période de temps.

2)Fédérer toutes les forces vives de l’entreprise sans exception

Étant donné que la direction des systèmes d’information joue généralement un rôle transversal entre les différents secteurs de l’entreprise, elle doit impliquer tous les acteurs clés, pouvant « consommer » l’information dans le processus de mise en place du BICC. Cette implication permet aux secteurs d’activités (les DAS) de mieux formuler leurs besoins qui seront adresser par la suite au BICC. Elle se fait à travers des ateliers des formations, des Workshops avec des interviews de la direction pour définir les métriques à implémenter. Le BI étant avant tout une « culture » d’entreprise, il faut aussi arriver à faire monter tout le monde dans le bateau.

3)Mettre ensemble les experts dans leur domaine de prédilection

Il s’agit de clairement identifier tous les profils et de les regrouper selon leurs expertises et par corps de métier (par exemple les analystes, les statisticiens, les architectes, le bureau de projet, etc.). Cette tâche ne doit pas être prise à la légère car sans doute, elle permet de tirer le meilleur de chaque acteur impliqué dans le processus dans sa globalité.

4)Tableaux de bords d’accord mais données intègres d’abord

L’intégrité des données reste un problème crucial dans le processus BI. Il en est de même pour la gouvernance de celles-ci. Il n’y a pas pire situation pour une entreprise que de prendre des décisions au travers d’un tableau de bord en se fondant exclusivement sur des informations plus que douteuses.

La gestion de la qualité des données est bien le pilier central ou la clé de voûte, pour rester dans les métaphores architecturales, du projet de Business Intelligence.

La qualité des données peut être simplement définie selon les caractéristiques suivantes :

Accessible
Une donnée de qualité doit être présente dans un système d’information (une base de données centralisée de préférence) et accessible par les processus qui l’utilisent ainsi qu’aux utilisateurs metier

Valide
La donnée ne porte pas une valeur aberrante, elle se maintient dans la plage des valeurs acceptables

Consistante
Si la donnée est redondante et présente en plusieurs endroits à la fois, elle porte toujours la même valeur à un instant donné

Précision
Elle est jugée suffisamment précise pour l’usage que l’on en attend

Utile
Elle répond parfaitement au besoin et à l’usage que l’on en attend

Ce sont les axes à suivre pour accéder à une meilleure qualité des données.

5)Quelle technologie répond au mieux à ma problématique ?

Pour être claire dans ma pensée, il n’y a jamais d’outil préfabriqué en BI. Aujourd’hui dans la lutte sans merci que se livrent les éditeurs de logiciels (progiciels), les commerciaux ont toujours tendance à venir vendre des solutions qui ont fait leurs preuves ailleurs. Par exemple, au cours de ma carrière, j’ai vu de commerciaux vendre à des entreprises de vente de détails des solutions ayant fait leurs preuves en assurance. À la différence de la compagnie d’assurance, la compagnie de vente en détail n’a jamais pu mettre en place son BICC. Tout çà pour dire que chaque entreprise a ses réalités, sa culture, et le choix de (des) technologie(s) doit se baser sur le modèle d’affaire qui est fortement corrélé avec la volumétrie des données qui transitent mais aussi de son environnement externe (problème de connectivité à internet pour prétendre aller sur le Cloud, ou adopter des technologies d’hyper-convergences).

6)Promouvoir la culture BI dans toute l’organisation

Le succès de Business Intelligence, tout comme son échec, repose sur des facteurs organisationnels et technologiques qui permettent à l’entreprise de créer de la valeur à partir de l’information qu’elle accumule et interprète (Watson 2011). Toutefois, une entreprise détenant une architecture technologique BI idéale n’aura pas l’impact escompté sur sa performance et sur ses choix stratégiques si sa culture ne supporte pas la stratégie BI (Howson 2008).

Parmi les facteurs clés de succès pour l’implantation de projets BI figure constamment le concept de « culture ». En effet, la culture figure comme un déterminant de la réussite des initiatives en intelligence d’affaires (Williams & Williams 2004). Plus précisément, des capitaux culturels, structurels et comportementaux propres à l’organisation doivent supporter l’ensemble du processus, de la stratégie à la mise en application des outils technologiques (Miller 2000). Comme pour toute innovation technologique, l’intelligence d’affaires requiert que la culture et la structure de l’organisation soient appropriées pour l’accueillir, sans quoi il faudra engager un changement organisationnel afin de favoriser l’acceptation et le développement de la nouvelle technologie dans l’entreprise (Cabrera, Cabrera et Barajas 2001).

La promotion de cette « culture » d’entreprise se fait sans doute par des formations de mise à niveau, des séminaires, des ateliers afin que tout le monde fédère aux pratiques.

 

Conclusion :

De ce qui découle, nous dirons qu’une implantation réussie de BICC dans une organisation dépend de la vision stratégique IT et BI que les dirigeants ont défini et qui reflète les projections qu’ils en font dans le temps. Cette stratégie IT consiste à développer un programme de développement IT pour préparer l’entreprise de demain, mais aussi de transformer la donnée brute en informations qui apportera sans doute de la valeur ajoutée à l’entreprise. La transformation de la donnée en information est un processus où toutes les forces vives de l’entreprise doivent participer et y adhérer afin que les métriques préalablement définis et représentées au travers des tableaux de bords reflètent au mieux à la réalité de l’entreprise selon les règles d’intégrités des données mis en place.